Au poète qui m'envoie une plume d'aigle

Oui,

c'est une heure solennelle!

Mon esprit en ce jour serein Croit qu'un peu de gloire éternelle Se mêle au bruit contemporain,

Puisque,

dans mon humble retraite,

Je ramasse,

sans me courber,

Ce qu'y laisse choir le poète,

Ce que l'aigle y laisse tomber!

Puisque sur ma tête fidèle Ils ont jeté,

couple vainqueur,

L'un,

une plume de son aile,

L'autre,

une strophe de son coeur!

Oh!

soyez donc les bienvenues,

Plume!

strophe!

envoi glorieux!

Vous avez erré dans les nues,

Vous avez plané dans les cieux!

II décembre.