Nous allions au verger cueillir des bigarreaux
Nous allions au verger cueillir des bigarreaux.Avec ses beaux bras blancs en marbre de Paros,
Elle montait dans l'arbre et courbait une branche;
Les feuilles frissonnaient au vent;
sa gorge blanche,
O Virgile,
ondoyait dans l'ombre et le soleil;
Ses petits doigts allaient chercher le fruit vermeil,
Semblable au feu qu'on voit dans le buisson qui flambe.
Je montais derrière elle;
elle montrait sa jambe,
Et disait:
"Taisez-vous!
" à mes regards ardents;
Et chantait.
Par moments,
entre ses belles dents,
Pareille,
aux chansons près,
à Diane farouche,
Penchée,
elle m'offrait la cerise à sa bouche;
Et ma bouche riait,
et venait s'y poser,
Et laissait la cerise et prenait le baiser.
Triel,
juillet 18(.
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