pleurs dans la nuit 8
La fosse,plaie au flanc de la terre,
est ouverte,
Et,
béante,
elle fait frissonner l'herbe verte Et le buisson jauni;
Elle est là,
froide,
calme,
étroite,
inanimée,
Et l'âme en voit sortir,
ainsi qu'une fumée,
L'ombre de l'infini.
Et les oiseaux de l'air,
qui,
planant sur les cimes,
Volant sous tous les cieux,
comparent les abîmes Dans les courses qu'ils font,
Songent au noir Vésuve,
à l'Océan superbe,
Et disent,
en voyant cette fosse dans l'herbe:
Voici le plus profond!

